De 2010 à 2011

03/01/2011

2010 aura été l'année de la crise prolongée et aggravée. Prolongée socialement comme économiquement. Le chômage réel restant très élevé et les salariés au Smic pouvant douloureusement constater que celui-ci n'a fait l'objet d'aucun coup de pouce, beaucoup d'agriculteurs étant eux-mêmes frappés par des crises sectorielles à répétitions... Ce ne sont que quelques exemples soulignant combien les plans de relance ou grand emprunt apparaissent lointains ou, en tous les cas, sans effets significatifs. La France et l'Union Européenne sont en panne de projet de croissance partageable et s'enferment dans des politiques trop étroitement financières, n'ayant pas encore compris que les solutions mixtes, équilibrées, de soutien de la demande et de l'offre sont indispensables à la reprise des activités productives comme au retour à plus de justice sociale. Les manifestations sociales n'ont peut-être pas empèché l'adoption par la majorité d'une loi portant atteinte aux droits des salariés de prendre leur retraite à 60 ans, loi déjà déclarée désuète par nombre d'économistes et porteuse d'un recul social; mais elles ont été le signe d'un profond malaise intergénérationnel et d'une incompréhension devant le refus, par le gouvernement, de tout dialogue social. L'absence de réformes socialement, économiquement innovantes est une marque de cette année qui s'achève dans le doute et la lassitude; une autre étant l'abandon des ambitions environnementales. La troisième étant les coups portés à la République : notamment par la loi sur l'organisation de la représentation territoriale, par l'absence de politique de redéploiement de la Laïcité, l'emprise de quelques entreprises proches de la majorité sur une bonne part de la presse,... sans compter les secousses subies par le pouvoir... Nos voisins européens disent eux-mêmes avoir du mal à reconnaitre la France des Droits de l'Homme, de la Démocratie... 
2011 sera l'année de tous les défis pour les forces politiques de gauche et républicaines, pour les forces sociales et syndicales qui vont avoir, chacune à sa façon, à ouvrir de nouvelles perspectives, de nouvelles voies, préparer de nouveaux choix pour 2012.
Les anciens clivages ne pourront servir de clefs pour préparer les changements nécessaires, les rassemblements devront se faire autour d'objectifs pluriels à la fois sociaux, civiques, écologiques et économiques.
Thierry Jeantet

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