L’économie sociale et solidaire développe « un modèle innovant d’entreprises »

17/11/2017

Lemonde.fr, le 15 novembre 2017

Le mois de l’Economie sociale et solidaire, porté tout ce mois de novembre par les Chambres régionales de l’ESS, doit montrer à tous que les transformations climatiques, sociales, civiques n’attendent pas. Les intervenants de l’économie sociale et solidaire (ESS) venus de pays aussi différents que la Corée du Sud, l’Argentine, le Canada, la Colombie, le Costa-Rica, les Etats-Unis, la France, le Sénégal et d’autres encore, réunis le 28 septembre par le « Groupe pilote international de l’ESS » sous présidence française en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, l’ont aussi compris. L’économie sociale et solidaire est au cœur des grands enjeux que sont les objectifs de développement durable de l’ONU ou les accords de Paris sur le climat.

Concilier solutions écologiques, sociales, civiques et solutions économiques et financières
De plus en plus de gouvernements, villes et territoires, nouent ou développent des partenariats avec cette économie dont une des caractéristiques est d’agir tant dans des secteurs très concurrentiels que dans des secteurs non-marchands. Leur approche est de concilier solutions écologiques, sociales, civiques et solutions économiques et financières. C’est ce que font les « sociétés de personnes » que sont les coopératives, les entreprises sociales, les start-up solidaires, les mutuelles, les associations et les fondations ; mais aussi, de plus en plus, les plates-formes de logiciels libres ou les bases de données en accès libre. Toutes portent un modèle innovant d’entreprises.

Défis des transitions
Voilà une économie du progrès maîtrisé, qui contribue à changer progressivement la donne de la gouvernance au sein des activités productives ! Dans un monde où le système qui était considéré comme « dominant » ne peut plus être le seul à l’ordre du jour, il n’est pas étonnant que l’intérêt pour ce type d’économie grandisse un peu plus tous les jours. Non pas dans une vision hégémonique de l’avenir, mais au contraire plurielle.
Cette économie concerne plus d’un milliard de personnes sur la planète. Elle va par exemple de Kafo Jiginiew Banque Coopérative du Mali à l’institution de financement Filaction au Québec, des projets ESS du Maire de Gwangsan-Gu de Corée du Sud à la politique ESS du gouvernement argentin, de la route solaire de la Coopérative SNA en France à la grande coopérative laitière AMUL en Inde, des grandes mutuelles européennes aux coopératives sociales du Japon.
L’efficacité ne peut plus être « court-termiste » ; elle doit répondre aux défis des transitions en cours et répondre aux attentes de la société, au Sud comme au Nord. C’est ce que vise, sur le terrain et de façon concrète, ce type d’économie réellement « collaborative ». Il faut souhaiter qu’elle puisse installer, en alliance avec d’autres acteurs publics, mais aussi privés, des « communs », un écosystème lui permettant de jouer pleinement son rôle.

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